Dès que les cils se déposent
Sur la peau comme sur l’esprit
Et que le souffle s’envole
Dans les vapeurs de l’oubli
L’enfant sommeil, et l’univers s’ouvre à lui
Quand les étoiles se bousculent
Au dessus de sa tête et le couronnent
De milliers et d’infinis destins
Se précipitent et chatouillent sa main
Dans laquelle se glissent un seul chemin
Et cette nuit, au bout d’une pirogue
Loin des berges d’argile, il vogue
Au fond de son siège, il songe
Et la Fée qui se penche l’initie
Pour que le Druide le révèle à l’interdit
Faire un vœux dans un soupir
Tenir ferme la bougie de saphir
Garder saine sa robe de cérémonie
Et les mondes se rencontrent
Et les étés se défient
Le baiser à la dame prêtre
Le pardon aux très humbles
Dans le silence, les lèvres se scellent
Dans la vérité, la mémoire se trouble
Et au matin, il ne reste
Que les lagunes d’un songe.
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