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Féenose, une chanteuse à fleur de peau !

par : Marthe Dayas , dans Culture » Musique

Née voilà 24 ans à Ouagadougou (capitale du Burkina Faso), Sylvie Kaïri Toé dite Féenose est une jeune artiste chanteuse dont la force des textes ne laisse pas indifférent !

Cette enfant du « Pays des hommes intègres » avait un destin tout tracé. En effet, elle a grandit au sein d’une famille passionnée de musique et s’endormait aux sons des berceuses Samo (son ethnie) chantées par sa grand-mère paternelle. Mais c’est lors de soirées culturelles, organisées au sein de son lycée, qu’elle a réellement découvert sa passion. Passion totalement partagée avec ses trois frères, férus de musique Hip Hop.

Plus tard, elle se fait remarquer sur la scène burkinabé, en participant à des feat de grands rappeurs de la place tel que Smokey... Et c’est en 2002 que Féenose commence l’enregistrement de son album qui lui prendra 3 longues années car voulant parallèlement terminer son cursus scolaire. Son album "Da wou wô", a pu voir le jour fin 2005 grâce au soutien de sa famille, le clan Toé et ses amis. Cette jeune auteure - interprète, aux textes poignants, vit aujourd’hui en Allemagne. Nous sommes allés à sa rencontre...


Féenose une chanteuse à fleur de peau !

AP : Peux -tu te présenter à nos Afronautes ?

F : Je m’appelle Sylvie Kaïri Toé, connue sous le pseudonyme de Féenose, artiste chanteuse Burkinabé et je suis âgée de 24 ans.

AP : Quelle est la signification de ton pseudonyme, qui brille par son originalité ?

F : C’est un pseudo que j’ai choisi depuis le Lycée et qui veut dire que je crois en une bonne Fée, qui guide mes pas dans ce milieu musical difficile et qui me donne une force féline pour avancer...

AP : en parlant de difficulté, tu n’as certainement pas choisi le plus simple en évoluant dans le milieu Rap, Hip Hop africain, qui est très masculin ? Comment as-tu fais pour t’y imposer ?

F : C’est vrai que c’est un milieu difficile, pénible et très machiste. Au Burkina, les femmes doivent rester à la maison pour élever leurs enfants mais certainement pas pour se montrer sur scène...Enfin grâce à ma force de caractère et à la générosité de certains rappeurs avec lesquels j’ai collaboré, j’ai pu me frayer un chemin et avoir une place.

AP : Pourquoi avoir choisi ce style musical plutôt qu’un autre ?

F : C’est certainement l’influence de mes trois frères, étant fille unique et puis je trouve que cette musique laisse passer les émotions.

AP : Comment décrirais-tu ton album « Da wou wô » ?

F : C’est album est un peu comme un enfant que j’ai eu très tôt, écrivant mes textes depuis l’âge de onze ans et qui depuis ne cesse de grandir en même tant que moi ... Et j’y parle des fléaux et autres aberrations de la société africaine, plus précisément, de la société burkinabé.

AP : Telle que l’excision qui d’ailleurs est l’un de tes titres ?

F : Exactement. C’est quand même insupportable que malgré les interdictions faites par le gouvernement burkinabé, de tels actes perdurent en prétextant la coutume. Il en de même pour les mariages forcés, touchant des filles de plus en plus en jeunes... Je parle aussi de ces enfants orphelins qui trainent dans les rues de Ouaga et qui se droguent à la colle pour oublier leur misère... Tant de choses sont à dénoncer mais je parle aussi de l’Amour, qui me semble nécessaire au quotidien pour tenir dans cette société...

AP : Que signifie « Da wou wô » le titre de ton album ?

F : cela signifie « viens qu’on y aille !

AP : A qui t’adresses-tu à travers ce titre ?

F : A toutes ces femmes qui n’en peuvent plus ces injustices sociétales, à tous ces gamins dans les rues. Mais au-delà, c’est un album qui se veut aussi en direction des hommes, afin de les sensibiliser et de les mettre face aux réalités que nous vivons, nous les africaines.

AP : Féenose, ton album comporte-il une part autobiographique ?

F : ...Oui... !

AP : Aujourd’hui, qu’est ce qui t’a conduit en Allemagne, laissant un pays que tu sembles profondément aimer ?

F : C’est l’amour .J’y ai suivi l’amour de ma vie qui depuis 7 mois est devenu mon époux.

AP : Félicitations !!! Pour l’heure, as-tu des projets ?

F : OUI, le 14 juillet à 20 heures, je serai au Festival de Namur Plage et enfin Fin Décembre, je vais faire la promotion de mon album au Burkina Faso.

AP : Avant de nous quitter, aurais-tu des conseils à donner à des jeunes femmes qui comme toi, voudraient embrasser une carrière artistique ?

F : Croire fortement en leur art, en leurs rêves, sachant que c’est un milieu très difficile, rempli de charlatants.C’est d’ailleurs pour ça que j’ai décidé de m’autoproduire. Je veux être libre et rester authentique. En outre, je leur dirai d’être entourée par des proches et de faire preuve de persévérance et de courage !!!

AP : merci Féenose de nous avoir accordé un peu de ton temps et bonne continuation.

F : Merci beaucoup Martha et longue vie au site Afroplurielles !!!

Pour en savoir plus :

La page de Féenose

Martha Dayas pour Afroplurielles




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