En sortant votre premier album, vous avez réalisé un rêve, un projet qui vous tenait très à cœur et sur lequel vous travailliez depuis longtemps. Quelles ont été vos principales sources d’inspiration ?
C’est ma vie qui m’a inspirée. C’est fort probable que ma vie (mon passé familial) soit la raison principale pour laquelle je fais de la musique.
Vos origines ont-elles influencé le choix de vos textes et de votre musique ?
Cela dépend du titre. Il y a des titres qui incorporent ma culture Nigérienne (par exemple l’usage d’Anglais Pidgin vient directement du Nigéria). Certains rythmes sont évidemment africains, mais tout me vient de façon naturelle.
Les chansons de l’album sont quasiment toutes empruntes d’une certaine mélancolie. Est-ce le reflet de votre propre vécu ?
Oui. En fait quand j’écris, je me base sur des situations réelles dans ma vie. Je n’invente rien dans mes paroles. Alors, oui, cette mélancolie est bien la éeflection d’un vécu.
On dénote dans votre musique une multitude d’accents différents : folk, soul, reggae, blues... Dans quel rayon la rangeriez-vous ?
La diversité et multitude d’accents est la nature même de ma musique. Je ne peux donc pas catégoriser ma musique dans un genre particulier.
Avez-vous été surprise par l’accueil que le public a réservé à votre album ?
J’ai été surprise et en même temps heureuse que mes croyances et mes efforts aient été bien reçus.
Le clip de votre chanson « Life is real » semble avoir été tourné à Lagos, au Nigéria. Quels souvenirs gardez-vous de ce retour aux sources ?
Effectivement le clip a été filmé à Lagos. Je n’y était pas retournée depuis toute petite (3-4 ans), mais j’avais un sentiment de familiarité malgré le temps passé entre les deux visites. Je suis allée dans le village de mon père et j’ai passé beaucoup de temps avec ma famille. Cela m’a donné de la force et de l’espoir. Je suis rentrée en Europe avec un sens très fort de mes racines.
Votre métissage culturel semble être l’un des principaux facteurs de votre succès. Y a -t-il cependant eu des moments où cela vous a porté préjudice ?
Tout a fait, et c’est pour cela que je n’ai pas commencé ma carrière en Allemagne et que cela s’est fait à l’étranger !
Vous voyagez beaucoup... une véritable nomade. De toutes les villes que vous avez visitées, laquelle reflète le mieux vos valeurs ?
Je pense que mes valeurs ne sont pas attachées à des choses physiques ou matérielles comme une ville. Pour moi les valeurs viennent de l’intérieur (en soi). Par contre, Paris est la ville de mon cœur. Mais j’aime New York pour son énergie. J’adore la beauté de Zanzibar.
Vous êtes une épouse, une mère de famille et aujourd’hui une artiste accomplie. Comment conciliez-vous toutes ces facettes au quotidien ?
Imaginez ce qu’une sœur Africaine chez vous repondrait : elle ne pense pas à comment gérer le quotidien. Elle le fait tout simplement et naturellement. Pour moi c’est un peu la même chose, mais ça ne veut pas dire que je ne me plaind pas parfois !
Vous êtes restée simple, naturelle et sincère, des qualités qu’on retrouve rarement chez les artistes qui connaissent un succès tel que le vôtre. Quel est votre secret ?
Mon père, qui est du Nigeria, m’a élevée et me garde les pieds sur terre !
Ayo au quotidien : hormis la musique, quels sont vos passe-temps favoris ?
Passer du temps avec ma famille, mon fils en particulier. J’aime bien faire des courses et acheter de beaux vêtements quand je peux, comme toutes les femmes.
Un mot de la fin pour les Afronautes qui vous admirent vous et votre parcours ?
A mes sœurs, croyez en vous-même parce que vous êtes magnifiquement bénies ! N’oubliez jamais que vous venez du continent le plus riche, non seulement matériellement, mais aussi culturellement. Vous réfletez la beauté de l’Afrique. Je vois dans votre regard, dans les traits de vos visages, dans les couleurs de vos peaux, dans le crépu de vos cheveux et dans votre allure statuesque, la force des Africaines. Soyez-en fières.
Merci Ayo, et bonne continuation.