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Rencontre avec Joelle Esso, artiste camerounaise.

par : G.O-S , dans Culture » Musique
Joëlle Esso, la fille qu’on remarque...

Le talent a trouvé son nid

Sourire envoûtant, voix limpide, la Camerounaise a reçu de la nature le pouvoir d’enchanter en chantant. Née à Douala, Joëlle Esso grandit dans une famille pieuse, entourée de ses frères. Après une adolescence en Côte d’Ivoire, elle arrive à Paris au milieu des années 80. Dès l’obtention de son DEUG d’Histoire de l’Art à l’Université, Joëlle commence à lorgner du côté du spectacle.

Premières figurations au cinéma et à la télévision. La jeune Esso rencontre la reine Abéti qui lui donne sa première chance en 1988. A ce moment-là, Joëlle n’est pas prophète chez elle. Cela lui est égal. "Je ne chante pas que pour mon quartier", assène-t-elle. Tournée avec des groupes africains en Colombie, aux USA et en Guinée. Une fille qui chante dans toutes les langues cela vaut de l’or.

Retour à Paris. Cours Simon puis cours de chant... Dès 1995 elle devient une Wonder woman. Choriste de Manu Dibango & Dee Dee Bridgewater à l’Olympia. Jean Michel Jarre au Trocadéro la même année. Les Enfoirés l’emmènent au Grand Rex.

Membre de la Chorale des Chérubins, son efficacité en studio lui vaut de régulières participations comme choriste aux enregistrements de Kassav’, Barbara, Céline Dion, Arielle Dombasle, Yannick Noah, pour ne citer que ceux-là.En concert avec Nicoletta, Michel Delpech, Pascal Obispo, Liane Foly, la choriste se découvre une nouvelle envie : chanter en solo.

Le piano bar sera son école. Bien lui en prend car en 2001, Carole Fredericks lui annonce quinze minutes avant le concert qu’elle aura droit à son solo. J’ai paniqué, raconte Joëlle, et je lui ai dit que je n’étais pas prête. Tu saisis ton chance (sic) ou alors tu le laisses passer. Il y a un début à tout.

Allez, courage, lui dit l’Américaine. Je n’avais pas le choix, raconte la choriste de Tina Arena. Face à un public de 5000 personnes, Joëlle fait sensation. Tout le groupe la félicite. Plus tard, dans les loges, l’ancienne chanteuse de Goldman lui raconte : « Avec Jean-Jacques, ça s’est passé comme ça. You know, le choriste est d’abord un chanteuse (re-sic). Il faut aussi enregistrer ton disque...

En 2003, épaulée par les meilleurs musiciens de studio parisiens qui se bousculent pour participer à l’évènement, Joëlle Esso enregistre son premier album solo. Un bijou. Un album urbain teinté de blues et de Gospel. Un album afro-parisien. Des chansons servies par une voix malicieuse et rassurante.

Interview découverte

Vous connaissez Esso ? Alors, découvrez Joëlle !

Afroplurielles : Peux tu te présenter à nos internautes ?

J.E : Je m’appelle Joëlle Esso, Camerounaise, artiste chanteuse et peintre ; choriste depuis 17 ans, je viens de réaliser mon premier album solo.

AP : Tu as accompagné en tant que choriste de grands noms de la chanson, comme Dee Dee Bridgewater, Manu Dibango, Carole Fredericks, Pascal Obispo, et j’en passe. Quelle a été ta meilleure expérience ?

J.E : Carole, car c’est elle que j’ai accompagné le plus longtemps, donc mieux connue. Mais chanter à l’Olympia (avec Dee Dee Bridgewater puis Manu Dibango, Yannick Noah) est une super expérience !

AP : Qu’est ce qui t’a amenée à poursuivre une carrière solo ?

J.E : Le besoin d’exprimer mes propres émotions, avec mes propres mots après avoir dit ceux des autres pendant tant d’années.

AP : Comment décrirais-tu ton dernier albulm, "Mungo !" ?

J.E : Ce sont des tranches de ma vie, mon histoire. C’est de la chanson Camerounaise, un style que j’ai nommé Afroback, car après tous les mélanges de genres que j’ai pu interpréter, j’ai ressenti le besoin de retourner à la source, à mon terroir Pongo, c’est pourquoi la musique est assez dépouillée, intimiste.

AP : Pourquoi ce titre ?

J.E : C’est le nom de mon département, dans la province du Littoral (région de Douala).

AP : Malgré les difficultés que cela implique, tu as choisi de t’autoproduire. Pourquoi ce choix ?

J.E : Afin de pouvoir contrôler ma musique (artistiquement) de A à Z, sans aucune contrainte.

AP : As tu des projets en cours, ou à venir ?

J.E : Je pars en promo au Cameroun de mi-juillet à mi-août ; puis le festival de cinéma de Toronto en septembre car plusieurs chansons de mon album figurent dans un film en sélection officielle, "Les Saignantes" de Jean-Pierre Bekolo. Je fais également un show-case à la Fnac La Défense le 6 octobre, puis le théâtre de Pantin le 22 décembre en ouverture de la pièce "Le bel indifférent" de Cocteau.

AP : Ton intérêt pour l’art ne s’arrête pas à la musique, car tu peins. Simple passe-temps, ou penses-tu évoluer dans ce domaine, et pourquoi pas exposer ?

J.E : Ce n’est absolument pas un passe-temps, c’est même mon premier métier. J’ai réalisé une fresque à l’église Béthel à Pierrefitte ; et pour l’année prochaine, je prépare une expo de dessins ayant pour sujet l’Afrique au XIIIe siècle, à travers le vêtement.

AP : Avant de commencer ta carrière de choriste, tu as fait des apparitions au cinéma, aimerais tu retrouver ce millieu ?

J.E : J’y ai récemment opéré un retour avec la musique du film mentionné précédemment ; j’étais censée jouer dedans mais je n’étais pas disponible à la période du tournage.

AP : Que conseillerais- tu aux Afronautes, qui comme toi, désireraient embrasser une carrière artistique ?

J.E : Foncez ! Persévérez et ne laissez personne vous dire que vous n’y arriverez pas.

AP : Merci de nous avoir accordé un peu de ton temps.

J.E : Merci à vous.

Pour en savoir plus : Le site de Joelle Esso

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